Le manioc est une racine tropicale originaire d’Amazonie.

Aliment de base pour plus de 800 millions de personnes, il est connu sous de nombreux noms : manioc (français), cassava (anglais), yuca (Amérique latine), tapioca (amidon du manioc).

SON HISTOIRE

Chez les populations amazoniennes, le manioc est bien plus qu’un aliment. C’est un pilier culturel et spirituel. Il est traditionnellement utilisé de deux manières:

1. L’amidon : l’aliment suprême

L’amidon extrait du manioc est considéré comme l’aliment le plus pur et le plus noble. Il est la base de galettes, de bouillies et de préparations quotidiennes.

2. La bière de manioc : boisson rituelle

Le manioc est également fermenté pour produire une bière traditionnelle, consommée lors des rites, des fêtes et des cérémonies. Cette boisson n’est pas seulement nutritive : elle sert à relier les vivants entre eux et aux esprits.

… CHEZ LES PEUPLES AMAZIONIENS

Domestiqué il y a plus de 10 000 ans en Amazonie, le manioc a voyagé avec les grandes routes de l’histoire.

Introduit en Afrique par les Portugais au XVIe siècle, il devient rapidement une arme contre la famine grâce à sa résistance à la sécheresse, sa capacité à pousser sur des sols pauvres et sa conservation longue en terre.

Aujourd’hui, le manioc est au coeur des cuisines d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie du Sud-Est.

… PUIS DANS LE MONDE ENTIER

Anecdote sur le manioc

Dans la mythologie brésilienne, le manioc (manioca en brésilien) est dépeint comme un sauveur qui protège de la famine. Ce nom « manioca » viendrait d’une légende qui raconte qu’une brésilienne dénommée Tupi avait enterré, sous le plancher de sa hutte, le corps de son enfant mort de faim. La déesse Mani à la peau blanche, visita la nuit suivante la maison et transforma le corps de l’enfant en racine d’une plante. Puis elle installera sa demeure (oca) dans la racine de cette plante, qui est appelée désormais «mani oca» (demeure de Mani).

  • Si vous êtes curieux d’en savoir plus …

  • « Ainsi aujourd’hui nos sauvages font farine de ces racines que nous avons appelées Manihot, qui sont grosses comme le bras, longues d’un pied et demi ou deux : et sont tordues et obliques communément. Et est cette racine d’un petit arbrisseau environ quatre pieds, les feuilles sont quasi semblables à celles que nous nommons de par-deça Pataleonis [alchémille], ainsi que nous démontrerons par figure, qui sont six ou sept en nombre ; au bout de chaque branche, est une feuille longue d’un demi pieds et trois doigts de large.

    Or la manière de faire cette farine est telle. Ils pilent ou râpent ces racines sèches ou vertes avec une large écorce d’arbre, garnie toute de petites pierres fort dures, à la manière qu’on fait par deçà une noix de muscade ; puis vous passent cela, et la font chauffer en quelques vaisseau sur le feu avec une certaine quantité d’eau ; puis brassent le tout, en sorte que cette farine deviennent en petit drageons, comme est la manne grenée, laquelle est merveilleusement bonne quand elle est récente et nourrit très bien.

    Depuis le Pérou, Canada et Floride, en tout cette terre continente […] voire jusqu’au détroit de Magellan, ils usent de cette farine, laquelle y est fort commune, encore qu’il y a de distance d’un bout à l’autre de plus de 2000 lieues ; et ils en usent avec chair et poisson, comme nous faisons ici de pain. »

    — André Thevet, Les Singularitez de la France antarctique, chapitre 58, 1558